Le régime qui fâche
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EURE. L’Union départementale des syndicats artisanaux dénonce les effets pervers de l’auto-entrepreneur.
Le dispositif de l’auto-entrepreneur, les artisans n’ont pas trop envie de lui faire de la pub. Et pourtant ils ne peuvent s’empêcher de dénoncer les effets pervers de ce dispositif entré en vigueur au 1er janvier 2009. Les différents syndicats artisanaux de l’Eure ont rencontré lundi la préfète pour lui présenter une motion contre ce régime. « Déjà , en juillet 2008, lors du vote de la loi nous avions exprimé nos inquiétudes. Neuf mois après l’entrée en vigueur du système, nous constatons les dérives », rappelle Guy Lainey, président de la chambre de métiers et de l’artisanat de l’Eure.
Mise en garde
Exemples : sur Internet un plombier offre la main-d’Å“uvre gratuite, un menuisier annonce des tarifs deux fois moins chers… Outre la concurrence déloyale, les syndicats d’artisans mettent en garde les consommateurs, notamment en terme de sécurité et de défaut d’assurance. Quelle garantie attendre d’un prestataire qui se crée en un seul clic sur le net et peut disparaître avec la même facilité ? La liste des reproches est longue. Coiffure, esthétique, bâtiment sont les trois secteurs les plus impactés par ce régime, selon les professionnels. Et pour Gilles Treuil, patron de la FFB de l’Eure, il faudrait que le bâtiment soit sorti du champ de l’auto-entrepreneur, compte tenu des exigences de sécurité. Les syndicats d’artisans se défendent d’agir par simple corporatisme. « Nous sommes conscients qu’en période de crise ce dispositif peut créer de l’emploi mais il faut du bon sens. »
Lors de discussions avec le secrétaire d’Etat aux PME, des avancées ont été obtenues pour corriger les défauts du dispositif initial, mais encore faut-il qu’elles soient inscrites dans la loi. « Nous souhaitons que ce régime soit limité dans le temps à deux ans maximum », ont dit en substance les chefs d’entreprises. D’ici la fin de l’année, les artisans vont poursuivre leur lobbying pour qu’un amendement soit soumis au parlement. Les arguments ne manquent pas. Les artisans de l’Eure s’inquiètent aussi de la dévalorisation des filières de formation. « Les jeunes en apprentissage dans les CFA auront encore plus de mal à trouver des entreprises si on ne marque pas un coup de frein. » En effet l’auto-entrepreneur n’a aucune obligation de formation. N’est-on pas en train de se tirer une balle dans le pied ?
Sophie Bogatay
Source : 10 octobre 2009 sur Paris-normandie.fr



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